Notre monde actuel tourne autour de l'Avoir, le Monde Sacré d'Emmanuel gravite autour de l'Etre.
Depuis des décennies ce terme de progrès occupe le devant de la scène de notre société, on en retient une idée forte d’évolution de notre société vers une société nécessairement « meilleure » et d’ailleurs seule cette idée de progrès pouvait nous donner le bonheur de l’existence. On parle donc du progrès économique, social, médical etc. et même les « forces de progrès » en politique. On voit bien là que ce merveilleux « progrès » ne concerne que ce qui touche à notre existence terrestre et notre état humain, donc au matériel.
Nous ajouterons ici que dans son livre « Orient et Occident », René Guénon nous donne une explication de la naissance de cette notion de progrès depuis la Renaissance et son évolution. Notons toutefois que cette notion de progrès qu’il réservait à l’Occident s’applique maintenant aussi à l’Orient qui avec une rapidité extraordinaire est en train de rejoindre l’Occident dans sa descente cyclique.
Notre démarche spirituelle traditionnelle, c'est-à-dire transcendante, nous conduit donc à chercher la Lumière grâce à la Connaissance afin de nous élever de notre état humain vers d’autres états dans le but de trouver l’Unité et la Délivrance. C’est donc bien une démarche de l’Esprit qui ne correspond pas à une démarche matérielle ; cette démarche se fait à l’aide de la concentration qui à été totalement remplacé dans notre monde par la dispersion.
Nous pouvons aujourd’hui dresser un bilan de ce « progrès » que nous avons érigé en divinité entouré de ses serviteurs dévoués : la laïcité et le moralisme (sentimentalisme). Jamais les individus de notre monde n’ont été autant « stressé » par l’évolution de ce même monde. Car chacun voit bien que ce « progrès » qui a conduit le monde occidental dans une impasse est en train d’effectuer la même chose avec l’Orient mais comment expliquer à ces individus qu’ils ne pourront pas y accéder car ce n’est pas bon alors que depuis des décennies notre propagande occidentale leur a expliqué que c’est notre fonctionnement qui était le meilleur ?
Comment refuser à ces individus d’avoir accès aux mêmes « biens » et « services » que nous car leur évolution numérique risque de mettre en péril notre situation écologique ?
Comment leur expliquer qu’il ne faut pas qu’ils suivent la même direction que nous non pas par idéal mais uniquement parce que nous sommes inquiets pour nous-même ?
C’est là un vrai défi pour nos mentalités jamais repues d’objectifs et d’actions. Nous ajoutons que nous ne contestons pas certains « progrès » réels c'est-à-dire qui touchent notre condition d’individu, ce que nous voyons c’est que ces « progrès » ont été et sont réalisés non pas dans un Axe sacré mais pour eux-mêmes et par conséquent érigé en dogme et doctrine. Nous les avons pris pour la direction finale alors qu’ils ne devaient être que des moyens pour justement nous libérer du matériel afin de nous consacrer au spirituel ; de libérateurs nous les avons transformés en fardeau du « toujours plus » auquel nous consacrons toute notre activité individuelle au détriment de la seule activité qui vaille : celle de l’Esprit.
Avons-nous oublié qu’à la fin de notre état humain nous laisserons tout ce matériel ? A cette objection, nos mentalités répondent : nous devons laisser quelque chose à notre descendance ! C’est la bête qui s’alimente elle-même. Nous n’avons pas pour objectif de faire « culpabiliser » nos contemporains sur cette situation ni nous lamenter vainement. D’ailleurs cela serait totalement inutile car nous nous trouvons, et les signes sont clairs, non loin de la fin d’un cycle (précisons ici qu’en matière traditionnelle un cycle est bien représenté par un cercle et non pas par une droite et ajoutons encore que la fin du cycle actuel ne peut plus être déterminée avec précision en raison de la perte de notions importante de la tradition mais aussi qu’il n’entre pas dans la Connaissance de la Tradition primordiale la faculté de prédire l’avenir.) qui s’inscrit lui même dans un autre cycle. Nous devons donc préparer ce cycle futur.